Accueil > Historique > Le Grenier des Goncourt

Le Grenier des Goncourt


Au printemps 1868, chassés par le bruit de la rue Saint Georges, Edmond et Jules de Goncourt quittent leur appartement pour s'installer dans un petit hôtel particulier d'Auteuil. C'est à cette adresse, 53 boulevard de Montmorency, qu'ils espèrent trouver le calme au milieu de leurs oeuvres d'art, notamment des bronzes japonais et des porcelaines de Chine. La proximité d'une voie ferrée les oblige à faire d'importants travaux qui dureront plusieurs mois. Après le décès de Jules le 20 juin 1870, Edmond envisage de louer la maison qui pendant le siège de Paris sera touchée par un petit obus, l'un des derniers tirés par les Versaillais.

A l'automne 1884, Edmond de Goncourt décide d'ouvrir à ses amis le Grenier, ce qui avait été aussi le voeu de son frère. Il note dans le Journal: «Le haut de ma maison, je le bouscule et jette à bas les cloisons et cherche à faire des trois pièces du second sur le jardin une espèce d'atelier sans baie pour y installer, à la sollicitation de mes amis de la littérature, une «parlote» littéraire le dimanche.» Parmi les nombreux écrivains admis à fréquenter le Grenier on retrouvera les «dix hommes de lettres de talent» qui vont former la première académie. Chacun bénéficiera d'une rente viagère de 6000 francs grâce à la vente aux enchères de la collection Goncourt dispersée à l'Hôtel Drouot quelques mois après la mort d'Edmond, le 16 juillet 1896, à Champrosay, en bordure de la forêt de Sénart, chez Julia et Alphonse Daudet. Ce dernier en tant qu'exécuteur testamentaire d'Edmond de Goncourt, avait la charge de constituer la future académie.