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La première Académie Goncourt


Déjeuner chez Drouant vers 1926.
De gauche à droite, debout : Gaston Chérau, Raoul Ponchon, Pol Neveux, Jean Ajalbert et Rosny Jeune.
Assis : Léon Hennique et Rosny Aîné.
Manquent Lucien Descaves et Léon Daudet.

En l'absence de Rosny jeune qui avait transmis son vote à J.-K. Huysmans, la première Académie Goncourt se réunit le lundi 21 décembre 1903 pour remettre son prix. Le vote a lieu au restaurant Champeaux, place de la Bourse. John-Antoine Nau pour son roman Force ennemie (Editions de la Plume) l'emporte au 2e tour, par 6 voix contre 3 à Camille Mauclair (Ville lumière) et 1 à Jean Vignaud (Les Amis du peuple). Ancien navigateur né à San Francisco, le lauréat est d'abord un poète qui habite Saint-Tropez. Le héros de Force ennemie est un dément qui se dédouble et prête à son adversaire intime les traits d'un être fantastique. John-Antoine Nau recevra une lettre signée des neufs académiciens présents qui lui demandent de se présenter chez Me Boissy, notaire, chargé de lui remettre une somme de 5000 francs.



Réunion avec Colette en 1946.
A son côté, Rosny Jeune. Derrière eux, de gauche à droite, Léon Larguier et Roland Dorgelès, André Billy.

Les trois journalistes qui s'étaient déplacés, furent informés par la caissière du restaurant que le «prix des Goncourt» venait d'être attribué. Un tiers de colonne dans Le Figaro sera consacré à l'événement qui n'apporta qu'une mince notoriété à l'auteur. Quelques jours plus tard il n'était plus qu'un illustre inconnu. Il faudra attendre l'année suivante, avec le deuxième prix, décerné à La Maternelle, de Léon Frapié, pour que le Goncourt ait un certain retentissement. Dispersés, sans «siège social», sans «Grenier» commun, mais se réunissant pour choisir le meilleur livre de l'année, les premiers des Dix ne s'aperçurent qu'à la longue de leur importance et de leur utilité.